Ecrire est épuisant. On rentre de sa journée de boulot, avec une seule envie, se reposer, glander devant la télé ou bouquiner en écoutant de la musique. Mais il y a quelque chose qui nous en empêche. Besoin incontrôlable de prendre un crayon et remplir des feuilles. On se dit que ce texte sera le dernier car on souhaite faire autre chose de son temps libre, profiter. Cela fait combien de fois que je m’entends dire que ce texte sera le dernier ? Mais il y en a toujours un qui remplace celui qui s’achève, une idée nouvelle qui doit être couché sur du papier pour ne pas la laisser s’échapper. Et cette envie de toujours écrire revient, c’est comme fumer une cigarette. On voudrait s’en passer parfois mais l’envie est trop forte pour y résister.
Si au moins il y avait la satisfaction du texte réussi, de la nouvelle structurée et bien écrite, du roman applaudit par les rares lecteurs. Mais il faut reconnaître qu’il n’y a rien de tout ça. Ce n’est que des bouts de phrases sans queue ni tête, des fautes de grammaire, des erreurs de conjugaison et un manque certain de style. Autant arrêter et ranger ses stylos, passer à autre chose, se lancer dans la musique, le sport, la drogue ou devenir un simple lecteur. Les romans dévorés ne font qu’accentuer les écarts entre ce que j’écris et ce qu’ils font, eux. Eux, les auteurs à talent, qui réussissent là je rame chaque jour. Manque de temps, manque de conviction certainement, je suis à des années lumières de leur art.
Pourtant je sais déjà que lorsque j’aurai finit mon texte du moment, un autre pointera le bout de son nez. L’idée est déjà là, dans un coin de ma tête, attendant son tour. Et un jour, il y en aura un qui sera au dessus du lot et qui me satisfera pleinement. L’espoir fait vivre, être centenaire sera donc une formalité pour moi !